De la Shoah et des Chrétiens d’Irak

Une émission de télévision, récemment consacrée à la tragédie des chrétiens d’Irak, nous ramène à Pie XII.

Le drame vécu par les chrétiens d’Irak a donné lieu à une émission de C’est dans l’air, présentée par Yves Calvi, sur France 5. Intitulée la Guerre sainte d’Al-Qaïda, et diffusée le 11 novembre 2010, elle a réuni plusieurs spécialistes, dont Odon Vallet.

Yves Calvi s’est ému de la protestation qu’il juge trop mesurée de Benoît XVI.

Les spectateurs ont alors pu entendre Odon Vallet expliquer – sans la critiquer – la position du Saint-Siège. L’historien a mis en avant la nécessaire prudence que le Souverain pontife doit suivre dans les affaires de cette région, dans laquelle cohabitent juifs, musulmans et chrétiens. Ses réactions doivent donc « être pesées à la virgule près » pour ne pas susciter des nouvelles représailles.

Odon Vallet a alors pris un exemple justifiant la prudence pontificale. Le pape penserait aux milliers de travailleurs immigrés catholiques vivant en Arabie saoudite et dans les divers émirats du Golfe. Le lent processus qui leur permet de pratiquer librement leur culte pourrait, en cas de protestations trop virulentes du pape, être remis en cause.

René Guitton, également invité sur le plateau, indique que « tout acte en Occident a des conséquences sur place ».

Notons enfin la phrase centrale de l’argumentation d’Odon Vallet : « Tout pape est forcément politique ».

Il ressort donc de ces propos que la prudence de Benoît XVI se justifie pleinement afin de ne pas faire couler encore plus de sang, afin de protéger ceux qui peuvent encore l’être. Les spécialistes sur le plateau semblaient d’accord sur ce point.

Mais n’est-ce pas justement ce qui a motivé la prudence et les protestations mesurées de Pie XII, face à un danger encore pire ?

N’est-ce pas justement ce que, aujourd’hui, certains « procureurs » lui reprochent ?

Pourquoi ce qui est légitime de la part de Benoît XVI ne le serait plus pour son lointain prédécesseur ?

N’y-a-t-il pas là une contradiction fondamentale ?

Ou la preuve de la mauvaise foi des attaques contre Pie XII ?

La tragédie des chrétiens d’Irak aidera, peut-être les plus lucides et les plus honnêtes à comprendre l’action vaticane pendant la Seconde Guerre mondiale et la difficulté d’un pouvoir désarmé à sauver des vies.

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