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Le Pie XII de Pierre Milza : contre-point

Pie XII - Pierre MilzaIl y a quelques semaines, nous avons publié ici une courte recension du livre de Pierre Milza, par l’historien Jean-Baptiste Noé. Un autre historien, Yves Chiron, nous a écrit depuis pour nous dire qu’au contraire, il n’avait pas aimé ce livre. Comme ce site a pour principale ambition, depuis sa création, de promouvoir un débat d’historiens sur la question Pie XII, nous publions cette nouvelle recension tirée de son bulletin ALETHEIA.

Dans l’édition, et plus particulièrement en histoire, sont publiés deux types de livres : ceux que l’auteur propose à son éditeur (avant ou après les avoir rédigés) et ceux que l’auteur a écrits sur une suggestion de son éditeur. Ces derniers ouvrages, dits « de commande », ne seront pas de mauvais livres si l’auteur a la compétence pour les écrire et s’il y consacre le temps et la rigueur nécessaires.

À l’évidence, le Pie XII que Pierre Milza publie chez son éditeur habituel, est un livre de commande. Malheureusement, le résultat est plus que décevant.

Pierre Milza, ancien professeur à l’École des Sciences politiques, où il a dirigé le Centre d’histoire de l’Europe du XXe siècle, est un spécialiste de l’Italie contemporaine et de l’histoire des relations internationales. Les biographies de Mussolini (1999) et de Garibaldi (2012) qu’il a publiées font référence et ont été traduites en italien.

En s’engageant, sans doute à la demande de son éditeur, dans la rédaction d’une biographie d’Eugenio Pacelli, devenu Pie XII, Pierre Milza restait dans une période et un pays qu’il connaît bien, mais il s’aventurait dans un monde – l’Église catholique – et dans des problématiques d’histoire religieuse qui lui étaient très largement étrangers. Dans les dernières pages de son livre, il reconnaît, incidemment, qu’il est « non-spécialiste de l’histoire religieuse » (p. 445). Cette limite reconnue, il aurait dû – ou son éditeur aurait dû – faire relire son manuscrit par quelque lecteur plus familier de l’Église et de son histoire. Cela aurait évité la publication de bourdes, d’erreurs et d’approximations calamiteuses qui parsèment tout le livre :

  • Le cardinal Pecci (le futur Léon XIII) aurait créé « en 1859, dans son diocèse de Pérouse, une académie pontificale romaine de Saint Thomas Aquin, destinée à enraciner dans les esprits la pensée du moine italien [sic] » (p. 35). Une Académie pontificale, comme son nom l’indique, ne peut être établie que par le pape, celle-là fut fondée en 1879 à Rome par Léon XIII.
  • Le moderniste Alfred Loisy est présenté comme « un élève de [Mgr] Duchesne » (p. 45), ce qu’il ne fut jamais, ni chronologiquement, ni intellectuellement.
  • « Sous-secrétaire aux Affaires ecclésiastiques extraordinaires depuis mars 1911, Pacelli était devenu secrétaire adjoint l’année suivante, tandis que son mentor, le cardinal Gasparri, qui occupait le poste depuis plus de dix ans, était élevé au rang de cardinal secrétaire d’État » (p. 55). La chronologie est embrouillée et il y a confusion dans les fonctions : Pacelli est nommé pro-secrétaire de la Congrégation des Affaires ecclésiastiques extraordinaires le 20 juin 1912 et secrétaire le 1er février 1914 ; Gasparri, nommé secrétaire aux Affaires ecclésiastiques extraordinaires le 23 avril 1901, est créé cardinal en 1907 et n’est nommé secrétaire d’État que le 13 octobre 1914.
  • Le cardinal Merry Del Val n’a pas été « congédié sans ménagement » par Benoît XV. Lorsque celui-ci est devenu pape, comme il arrive souvent au début des pontificats, il a nommé un nouveau secrétaire d’État et il a nommé l’ancien, le cardinal Merry Del Val, secrétaire de la Congrégation du Saint-Office, fonction éminemment importante (équivalente aujourd’hui à celle de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi).
  • Particulièrement incompréhensible est le passage suivant : « Gasparri doit publier à son tour une ”interview” du journaliste français qui sera publiée dans le Corriere d’Italia et dont le brouillon conservé dans les archives du Vatican, est très clairement de la main d’Eugenio Pacelli » (p. 62). Il s’agit en fait de ce qu’on a appelé l’ « affaire Latapie » : le journaliste français Louis Latapie a publié le 22 juin 1915 dans La Liberté un long article qui se présentait comme le compte-rendu d’un entretien avec Benoît XV. L’article fit grand bruit, fut contesté dans son authenticité et le cardinal Gasparri y répondit par une interview accordée au Corriere d’Italia le 28 juin.
  • On s’amuse à trouver successivement mention d’un « Monsignore Uditore » (p. 86), d’un « Monsignor Uditore » (p. 89), et même d’un « Mgr Auditeur » (p. 91), pour désigner le même personnage : Mgr Schioppa, auditeur à la nonciature de Munich.
  • On cherchera en vain à identifier qui est ce « cardinal Emmanuel » (p. 106) qui aurait qualifié de « chef d’œuvre de diplomatie et de science juridique » le concordat signé entre la Bavière et le Saint-Siège le 29 mars 1929.
  • la rencontre secrète entre le cardinal Gasparri, secrétaire d’État, et Mussolini n’a pas eu lieu « en janvier 1923 », sous le pontificat de Pie XI (p. 124), mais en juillet 1921, sous le pontificat de Benoît XV.
  • le cardinal Pacelli est présenté (p. 172) comme l’auteur d’une lettre pastorale datée du 3 janvier  1937 qui, en réalité, a été rédigée et publiée par les évêques allemands.
  • « toutes les églises d’Allemagne (plus de 1100)… » (p. 178) : chiffre bien faible, évidemment erroné, qu’on peut, peut-être, mettre au compte d’une erreur de lecture.
  • À trois reprises, Pierre Milza nous parle du « cardinal Inninzer  [sic] » (p. 195), pour Innitzer. Et il affirme que c’est « dans l’Osservatore romano » (p. 195) qu’Innitzer, archevêque de Vienne, a publié une lettre pastorale incitant le fidèle et le clergé autrichiens à accepter l’Anschluss. Ce n’est bien sûr pas dans le journal du Vatican qu’Innitzer a publié sa déclaration tant contestée et, au contraire, Pie XI l’a obligé à faire une rétractation publique.
  • le cardinal Maglione est présenté comme « en poste à Paris » (p. 209) lorsque Pie XII le nomme secrétaire d’État en 1939, alors que Maglione a quitté ses fonctions de nonce à Paris en 1935, lorsqu’il a été créé cardinal.
  • Pierre Milza parle de « l’échec des tentatives [de paix] engagées par Benoît XV avant et pendant la Première Guerre Mondiale » (p. 220), regrettable bourde puisque Benoît XV n’est devenu pape qu’un mois après le début de la guerre et qu’auparavant il n’a en rien été mêlé à quelque tentative diplomatique pontificale pour empêcher la guerre.
  • les fidèles du diocèse de Toulouse sont présentés comme étant, en 1942, « pour une bonne part de ruraux, souvent analphabètes » (p. 278). Pierre Milza se trompe, au moins, de siècle.
  • Pierre Milza dit que Pie XII, en 1945, « continue de nager quand il en a l’occasion – Rome présente à cet égard des commodités dont jouissent peu de capitales européennes », « mais, ajoute-t-il, Pie XII n’a guère de temps à consacrer à cette activité, pas plus qu’il n’en a pour répondre aux invitations d’amis cavaliers appartenant à l’aristocratie romaine » (p. 374-375). Là on n’est plus dans l’erreur factuelle, on est dans la sornette : imagine-t-on Pie XII nageant ou caracolant en 1945 !
  • « la Pologne, la Slovaquie, la Lituanie ou encore la Hongrie » sont décrits, en 1945, comme des pays abritant « de fortes minorités catholiques » (p. 398) alors qu’il s’agissait, à cette époque, de pays très majoritairement catholiques.
  • Pierre Milza nous parle du « père Laraona [sic], un jésuite, secrétaire de la Sacrée Congrégation des Religieux » (p. 410). Il s’agit du P. Larraona, clarétin, qui sera créé cardinal en 1959.
  • le dogme de l’Immaculée Conception est présenté comme « formulé lors du premier concile du Vatican convoqué par Pie IX qui siégea en 1870 » (p. 412), alors qu’il l’a été par le seul Pie IX en 1854.
  • la principale voyante de Fatima est appelée « Lucia dos Passos » (p. 434), alors qu’elle se nommait Lucia dos Santos.
  • le Sacré Collège est ainsi présenté à la fin du pontificat de Pie XII : « le nombre des monsignori est tombé à treize d’un âge moyen de soixante-seize ans, ce pour assumer vingt et un sièges de rang cardinalice » (p. 438). Phrase incompréhensible, pour décrire une réalité bien connue : à la mort de Pie XII, le Sacré Collège ne compte que 53 cardinaux (effectif nettement inférieur au nombre maximal fixé à 70 par Sixte Quint).
  • le futur Jean XXIII est qualifié de « cardinal » en 1941 (p. 444), alors qu’il n’a été créé cardinal qu’en 1953.

Des lacunes incompréhensibles

Hormis ces erreurs factuelles, dont la liste n’est pas exhaustive, il y a une déficience dans l’information, surprenante de la part d’un historien éminent. On n’insistera pas sur les incohérences de la bibliographie où manquent, entre autres, les ouvrages nombreux et utiles de Sœur Margherita Marchione ; le Pio XII. L’Uomo e il pontificato (1876-1958) publié par le Comité pontifical des Sciences historiques en 2008 ; l’essai très important de Sandro Magister, La Politica vaticana e l’Italia 1943-1978 (Rome, 1979).

Les sources, elles, sont d’une indigence stupéfiante. Pierre Milza n’a consulté aucun fonds d’archives, ni français ni du Vatican. Les rapports et les dépêches des ambassadeurs de France près le Saint-Siège pendant les pontificats de Pie XI et de Pie XII sont facilement consultables aux archives du Ministère des Affaires étrangères. Si les Archives Secrètes Vaticanes ne sont pas encore ouvertes aux chercheurs pour la plus grande part du pontificat de Pie XII, elles le sont pour les pontificats antérieurs où le futur Pie XII a exercé d’importantes responsabilités. Les historiens sont loin d’avoir exploré tous ces fonds qui, d’année en année, s’enrichissent grâce à leur classification et leur indexation.

Certains de ces fonds des Archives Secrètes Vaticanes concernant Pie XII ont été publiés : Inter Arma Caritas (Archivio Segreto Vaticano, 2008), recueil de documents, en 2 volumes, sur l’Office d’information sur les prisonniers de guerre créé par Pie XII ; I « Fogli di udienza » del cardinale Eugenio Pacelli, Segretario di Stato (Archivio Segreto Vaticano, 2 vol. parus à ce jour, 2010 et 2014), constitués des très abondantes notes prises par le cardinal Pacelli au sortir de chacune de ses audiences avec Pie XI. Qu’un biographe de Pie XII ignore ces deux sources documentaires est incompréhensible.

Reste la méthodologie hasardeuse de ce livre. Il se veut une biographie complète, et comprend un chapitre sur l’enfance, la jeunesse et la formation du futur pape. Mais on constate assez vite que l’auteur s’est surtout intéressé à l’attitude du Secrétaire d’État puis du pape face au communisme et surtout face au régime hitlérien et à la persécution des Juifs. Les nombreuses analyses consacrées à ces sujets ne sont pas toujours très claires, mais on ne peut que rendre justice à l’auteur de conclure au terme de son ouvrage à « un non-lieu pour Pie XII » (p. 448) concernant son supposé « silence » face au génocide juif.

En revanche, les semblants de chapitres consacrés au pontificat de Pie XII en tant que tel sont d’une indigence rare. L’auteur s’est focalisé sur quelques épisodes : les « visions de Pie XII », la question des prêtres-ouvriers (dossier qu’il ne maîtrise pas du tout), la supposée « révolution des couvents » que Pie XII aurait engagée en septembre 1952… et qui n’a jamais existé.

Il méconnaît tout le reste : les réformes liturgiques ; le schisme de l’« Église patriotique chinoise » ; la politique missionnaire (poursuite de l’indigénisation de l’épiscopat, internationalisation du Sacré Collège, encyclique Fidei donum) et de nombreux autres sujets.
En fait, des actes du pontificat de Pie XII (innombrables encycliques et discours, constitutions apostoliques, etc.), Pierre Milza n’a rien lu ou presque rien. Il semble ne pas connaître – du moins il ne les a ni utilisés ni cités – les Actes de S.S. Pie XII (Bonne Presse, en 20 volumes) ou les Documents pontificaux de S.S. Pie XII (Éditions Saint-Augustin, en 15 volumes).

Bref, à cause de ses imperfections trop nombreuses et de ses oublis importants, on peut se passer de la lecture  de ce Pie XII. Pour une vue d’ensemble, large et honnête, on peut renvoyer au Pie XII du vaticaniste Andrea Tornielli (Tempora/Éditions du Jubilé, 2009, 809 p. – lien Amazon). Pour une étude de la politique de Pie XII pendant et après la guerre, étude fondée sur de nombreuses sources d’archives, on renverra à Pie XII, Diplomate et pasteur (Cerf, 2003 – lien Amazon) de Philippe Chenaux, professeur à l’Université pontificale du Latran.

2015, année de l’ouverture des Archives « secrètes » sur Pie XII ?

Pie XII

Pie XII à son bureau

Il y a tout juste un an, le Sunday Times accordait un entretien au rabbin argentin Abraham Skorka, ami de longue date du pape François, qui annonçait que ce dernier serait prêt à ouvrir les Archives du Saint-Siège afin de faire toute la lumière sur le rôle de Pie XII et de l’Eglise durant l’Holocauste. Problème : elles contiendraient plus de 16 millions de feuilles ! A l’occasion de cette annonce, le site Aleteia avait publié un entretien avec le postulateur de la cause de béatification du pape Pie XII, que nous republions ici. Il était alors question de cette ouverture « pour bientôt ». Pour 2015 ?

Appelé en 1960 à la Curie généralice de la Compagnie de Jésus, le père Peter Gumpel a été nommé Substitut du Postulateur Général de l’Ordre, puis assistant du professeur Paolo Molinari, le Postulateur général, qui avait été nommé expert du Concile Vatican II.
En 1983, après avoir été durant 12 ans Consulteur théologien de la Congrégation pour la cause des saints, il a été nommé rapporteur par le Pape Jean Paul II.

Qu’est-ce qu’un rapporteur? Quels droits sur les archives vous donnait cette fonction?

Le rapporteur est un fonctionnaire de premier ordre  dans la hiérarchie vaticane. J’ai été affecté à la Congrégation pour les Causes des Saints, avec pour tâche de traiter 80 cas et de vérifier si, sur les plans historique et théologique, tout le matériel présenté à la Congrégation était fiable ; ou s’il y avait des lacunes et, le cas échéant, prescrire de nouvelles investigations : en bref, je devais tout contrôler. Et pour réaliser ce travail,  je bénéficiais, sur ordre de Jean Paul II, d’un accès libre et illimité à la totalité des archives du Vatican, et en particulier, aux archives secrètes et à celles de la Secrétairerie d’Etat.

Quelle a été votre impression en ouvrant les archives ?

Après cet ordre du Souverain Pontife, j’ai été invité à jeter un coup d’œil à ces archives secrètes et à effectuer une première visite, accompagné d’un haut fonctionnaire du Vatican, pour voir ce qu’il y avait  et me rendre compte de la situation. Lors de cette visite, j’ai vu des étagères de plusieurs centaines de mètres de long et, sur les étagères, de grandes boîtes de carton. Une ou deux ont été ouvertes, à ma demande, et j’ai pu voir ce qu’elles contenaient. J’ai trouvé un mélange de choses et matériaux hétéroclites et me suis demandé comment on avait pu en arriver là.

Voici l’explication qui m’a été donnée : durant la Seconde Guerre Mondiale, sur la période 1939-1945, arrivaient parfois au Saint-Siège environ mille lettres par jour, de contenu très disparate, très divers. A cette époque le personnel était limité, répondait rapidement. Ensuite on plaçait le tout dans ces “conteneurs”, dans l’espoir de pouvoir y mettre de l’ordre, un jour.

Mais, pourquoi ce matériel est-il  resté « secret »?

Il faut savoir une chose, qui est importante : tous les Etats ont un délai dans lequel vous ne pouvez pas consulter les archives publiques : dans certains cas, 30 ans, dans d’autres 50, voire même 100 ans.  Au Vatican, il n’existe aucune loi pour cela, mais il y a une règle selon laquelle le délai de communication des archives en rapport avec un pontificat est de 70 ans après la mort du souverain pontife. Autrement dit, dans le cas de Píe XII – j’étais responsable de sa cause en tant que rapporteur –  les actes et procès-verbaux de son pontificat ne devaient être ouverts qu’en  2028, puisqu’il est mort le 9  octobre 1958.

Quelle est l’importance du matériel de ces archives de Pie XII ?

Beaucoup de personnes ne s’en rendent pas compte. Nous parlons de 16 millions de feuilles ! Une quantité énorme de lettres envoyées au Saint-Siège, de réponses à ces lettres, etc. Vous comprendrez que mettre de l’ordre dans ce matériel a nécessité un travail considérable. Le personnel était très limité: au cours des 20 premières années, il n’y avait que deux archivistes professionnels. Maintenant il y en a beaucoup plus, compte tenu de l’obligation de rendre ces fichiers accessibles. Et c’est ce que nous voulons, ne serait-ce que pour contrer toutes ces attaques et stupidités répandues sur ce pontificat.

Quelle période ces archives couvrent-elles ?

Les archives couvrent l’ensemble de la période de  Pie XII. Si on veut comprendre ce qui s’est passé pendant la guerre, il faut aussi  considérer ce qui  la précède, car cela explique de nombreuses décisions prises. Il est intéressant de jeter un coup d’oeil  sur les  12 années durant lesquelles Pacelli a été nonce apostolique en Allemagne, et ensuite les 9 années où il a été Secrétaire d’Etat de Pie XI : Píe XI est mort en février 1939, et  les procès-verbaux et les archives sont donc ouvertes. Mais qui les consulte?  Quasiment  personne.

Rappelons aussi que le Saint-Siège, sous le pontificat de Paul VI, a donné l’ordre de publier des documents diplomatiques relatifs à la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit de 12 volumes avec des milliers et des milliers de documents, une collection intitulée « Actes et documents du Saint-Siège » relatifs à la Seconde Guerre mondiale. Ceux-ci ont déjà été publiés:  j’ai pris contact avec les trois experts qui ont participé à la préparation de ces volumes. Le premier volume a paru  en 1963, et le dernier, le douzième, en décembre 1981 -autrement dit : il leur a fallu 18 ans. Ces experts ont trouvé les boîtes d’archives telles que je les ai trouvées : ils ont pris chaque document l’un après l’autre, ont sélectionné ce qui était intéressant et pour finir ont publié des milliers et des milliers de pages qui sont accessibles. Mais qui les lit ? Très peu de gens.

C’est une chose que j’ai pu constater dans des conversations privées que j’ai eues avec des professeurs universitaires, surtout en Amérique du Nord.  Je me suis rendu compte que beaucoup de ces personnes ne connaissent pas ni l’italien, ni l’allemand et, par conséquent, qu’ils n’ont pas eu la possibilité d’étudier ces actes et procès-verbaux. Le français aussi leur pose problème
Nous, en tout cas, nous espérons que, dans une période relativement brève, tous les dossiers des Archives secrètes du Vatican et celles de la Secrétairerie d’Etat  seront accessibles.

Comment ont travaillé les archivistes ?

Le travail consistait principalement à sélectionner, autrement dit à mettre ensemble ce qui devait l’être, car certaines questions s’étendaient sur des années, avec des documents disséminés dans plusieurs boîtes. Ensuite il fallait les classer en fonction des divers types d’affaires : certaines lettres demandaient de l’argent, d’autres des informations sur des personnes disparues, d’autres encore étaient des documents strictement diplomatiques. Donc tout un mélange de choses.

En second lieu, il existait deux possibilités : ou les relier ou les classer dans des classeurs-chemises. L’avantage de ces classeurs est que les feuilles sont volantes et plus faciles à photocopier. Dans les classeurs-chemises, il faut attribuer au matériel une numérotation qui permet au chercheur de trouver facilement ce qu’il recherche. En outre – et c’est un travail colossal – il faut établir un index des dizaines de milliers de noms qui sont mentionnés: il s’agit d’un premier index, un index de personnes, qui me permet de vérifier assez facilement si une personne X a eu des contacts avec le Saint- Siège, et pourquoi.

Ensuite il y a un deuxième index C: par diocèses, par pays, etc. Grâce auquel on peut savoir si un diocèse a eu des contacts avec le Saint-Siège au cours de cette période, ce dont il s’est agi, quelle a été la réponse, etc. Enfin, le troisième index est thématique: selon les sujets, on peut connaître les réponses du Saint-Siège aux différents gouvernements, les prises de position essentielles. Tout cela nécessite beaucoup de temps.

Le travail se poursuit-il encore sur ces sujets ?

Oui, et il avance bien. Je demande régulièrement au préfet des Archives secrètes, Mgr Sergio Pagano, « quand êtes-vous prêt? ». Il est, bien sûr, très prudent et ne veut pas fixer un jour déterminé, mais sans préciser la date exacte de l’ouverture des archives, on peut penser que c’est pour bientôt.

Cela fait trente ans que, d’une manière ou d’une autre, vous avez pu accéder à ces archives ?

Oui, immédiatement après avoir été nommé rapporteur, j’ai convenu avec les quelques archivistes d’alors, avec qui j’entretenais des rapports très cordiaux, et aussi parce qu’ils savaient que le Pape me l’avait demandé, que s’ils trouvaient au cours de leur travail des choses susceptibles de m’intéresser, ils m’enverraient une copie du document. Ce qu’ils ont fait régulièrement, de sorte que – au fur et à mesure que le travail avançait – j’ai pu travailler à la « Position » que nous avons présentée en 2004.

Par conséquent, nous n’avons pas été bousculés. Parfois les postulations ont été rapides, mais je n’ai jamais aimé ça. Je suis historien de profession: il faut examiner une question l’une après l’autre afin de parvenir à une certitude scientifique absolue. Dans ces archives, il n’est rien que je n’aie pas vu : le postulateur, le professeur Molinari, et moi-même, avons voulu examiner chaque chose à fond, afin de présenter ensuite la cause à la Congrégation et de la soumettre aux trois discussions: d’abord la soumettre aux théologiens, et pour finir aux cardinaux et évêques de la Congrégation. 13 votants ont donné à l’unanimité un avis extrêmement positif  et ont conseillé le Pape d’alors, aujourd’hui le pape émérite Benoît  XVI, de procéder à  la publication du décret des vertus héroïques de Pie XII, qui ouvre la voie à la béatification du Pape Pacelli. Benoît XVI, pour qui j’ai beaucoup travaillé lorsqu’il était Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a tenu à considérer  la question en personne, car il existe un certain nombre d’oppositions à la cause de béatification.

De qui viennent ces oppositions, en particulier ?

Ces oppositions proviennent principalement de trois sources : tout d’abord des communistes, qui ont fait une grande propagande, répandant des quantités de fausses rumeurs contre Pie XII: les Russes soviétiques en particulier, mais aussi les communistes italiens, bien que dans une moindre mesure. Ensuite la franc-maçonnerie, en grande partie très anti-catholique.

Le troisième groupe, et c’est douloureux pour moi, quelques groupes juifs. Cependant, quand on parle de grands groupes de personnes d’une nation, d’une religion, etc. il faut toujours opérer une distinction : j’ai reçu la visite de 800 rabbins, très fidèles à la loi de Moïse, qui m’ont dit : « Nous n’avons rien à voir avec ces attaques contre Pie XII, nous savons qu’il a sauvé des milliers et des milliers de personnes. Nous lui en sommes reconnaissants”. Mais il y a des Juifs, souvent athées, qui ont lancé une campagne, comme quoi le Pape n’a rien fait, et allant à l’encontre des affirmations de nombreux notables juifs. Pour ne citer qu’un exemple, Martin Gilbert, qui est considéré comme le plus grand spécialiste de l’Holocauste, est en faveur de Pie XII à cent pour cent.

Traduit de l’espagnol par Elisabeth de Lavigne pour Aleteia

Le Pie XII de Pierre Milza

Pie XII - Pierre MilzaNous vous proposons ici une recension du livre Pie XII, de Pierre Milza* (Fayard, octobre 2014 – lien Amazon), par Jean-Baptiste Noé, historien.

Ad. : un contre-point de cette recension a été publié ici.

Pierre Milza est passé maître dans les biographies historiques : Napoléon III, Mussolini, Garibaldi, Verdi, et ce spécialiste de l’Italie contemporaine et du fascisme s’intéresse aujourd’hui à un autre Italien : Eugenio Pacelli. Il nous propose une biographie monumentale de plus de 400 pages, très bien écrite et documentée, abordant tous les aspects de la vie de Pacelli, et ne s’arrêtant pas uniquement à ses années de guerre mondiale. La couverture exprime d’emblée la thèse de cette biographie : ce n’est pas la photo de Pie XII qui y est imprimée, mais celle du cardinal Pacelli en 1935, secrétaire d’État et diplomate du Saint-Siège. L’auteur a à cœur de montrer comment Pacelli fut d’abord un diplomate, un homme au service du Saint-Siège, de par sa tradition familiale, l’aristocratie noire de Rome, sa formation, études de droit et de diplomatie, et ses fonctions pastorales : il travailla toujours dans l’orbite de la secrétairerie d’État.

Bien sûr, le lecteur ira immédiatement aux pages consacrées à la guerre, pour savoir ce que l’auteur pense de l’action de Pie XII face aux nazis et face au génocide juif. C’est commettre une erreur épistémologique que de procéder ainsi, car l’attitude de Pie XII entre 1939 et 1945 ne peut se comprendre sans sa formation initiale et ses missions diplomatiques durant les années 1920-1930. Pierre Milza démontre de façon admirable comment Pacelli était un conseiller recherché par les papes qu’il a servi, Benoît XV et Pie XI, et le secrétaire d’État avec qui il a longtemps travaillé, le cardinal Pietro Gasparri. C’est Pacelli qui est envoyé dans la plupart des États d’Europe pour négocier les concordats que ceux-ci veulent signer avec le Saint-Siège. C’est lui qui est nommé nonce à Munich, voyant ainsi de l’intérieur les affres de la déroute de 1918, dans une Allemagne en proie à la dissolution et secouée par les difficultés de la république de Weimar. Il affronte la révolution spartakiste, et risque sa vie à plusieurs reprises, étant la cible des révolutionnaires communistes. Bras droit de Pie XI, c’est lui qui travaille sur la rédaction de l’encyclique condamnant le nazisme (1937), comme il avait auparavant négocié avec le régime fasciste pour aboutir aux accords du Latran (1929). Ce diplomate écouté, que Pie XI a envoyé faire des voyages aux Amériques et en Europe, est un des plus grands connaisseurs de l’Europe et des dangers totalitaires quand s’ouvre le nouveau conflit mondial en 1939.

Sur l’action de Pie XII pendant la guerre, Pierre Milza reprend les travaux pionniers du père Pierre Blet et de Philippe Chenaux. Il montre comment Pie XII a contribué à sauver des juifs, comment il fut aussi torturé par ses dilemmes de savoir s’il devait parler publiquement et des conséquences que cela aurait sur les nazis. Il n’omet pas non plus de mentionner l’action de Roosevelt et de Churchill, sur le sujet beaucoup plus passifs que le pape.

Tout au long de sa biographie, Pierre Milza s’attache à nous montrer l’humanité de Pie XII et à briser l’image pieuse d’un homme hiératique et froid. Il évoque ses problèmes de santé, des douleurs gastriques qui le tiraillent tout au long de sa vie, ses longues heures passées à travailler, dormant très peu, et son amour du peuple romain et des ouailles qui lui sont confiées. Pendant les bombardements de Rome, il part régulièrement visiter les quartiers touchés, au mépris des règles de sécurité. Il visite directement les populations frappées par la guerre, revenant poussiéreux et la soutane tachée de sang.

Si le Pacelli diplomate est très bien étudié, on regrettera que l’auteur passe un peu vite sur le Pacelli pape, dont le pontificat d’après-guerre a duré presque 15 ans. Tous les grands thèmes de son pontificat sont abordés : les prêtres ouvriers, la réforme de l’Église, la modernité et la construction de l’Europe. L’auteur en parle très bien, et s’attache à montrer que Pie XII fut un pape réformiste et innovant, ce qui surprendra ceux qui ont de celui-ci une vision quelque peu figée. Le dernier chapitre est ainsi consacré à l’Europe violette et vaticane, où l’on découvre que Pie XII a porté la naissance du projet européen, et qu’il a proposé à plusieurs reprises les institutions suisses comme modèles politiques pour l’Europe des nations. Celui qui fut toute sa vie juriste et diplomate était à même de pouvoir proposer des institutions adaptées pour l’Europe.

Ce Pie XII sera probablement un classique. C’est en tout cas d’ores et déjà une grande biographie. Pierre Milza a su appliquer ses qualités et ses talents à une personne qui ne correspondait pas au champ premier de ses recherches.

 

(*) Biographie de l’auteur

Né en 1932, Pierre Milza est historien, spécialiste de l’histoire du fascisme et de l’Italie des XIXe et XXe siècles. Docteur ès lettres, il est professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Paris et membre du conseil scientifique de l’Institut François Mitterrand. Jusqu’en 2000, Pierre Milza a été directeur du Centre d’histoire de l’Europe au XXe siècle (CHEVS) à la Fondation nationale des sciences politiques, et président du Comité franco-italien d’études historiques.

Pierre Milza a publié de nombreux manuels dans la collection « Initial », aux éditions Hatier, en collaboration avec Serge Berstein. Il est notamment l’auteur de Voyage en Ritalie (Plon, 1993), Les Relations internationales de 1918 à 1939 (Armand Colin, 1995), Les Relations internationales. I. De 1945 à 1973 (Hachette, 1996), Les Relations internationales. II. De 1973 à nos jours (Hachette, 1997), Sources de la France au XXe siècle (Larousse, 1997), Mussolini (Fayard, 1999), prix Guizot et Grand prix d’histoire de la Société des gens de lettres 2000, Fascisme français, passé et présent (Flammarion, 2000), L’Europe en chemise noire. Les extrêmes droites de 1945 à aujourd’hui (Fayard, 2002), Napoléon III (Perrin, 2004), prix des Ambassadeurs 2004, Histoire de l’Italie des origines à nos jours (Paris, Fayard, 2005) et Voltaire (Perrin, 2007).

Le 1er site francophone consacré à Pie XII fait peau neuve !

Créé dans une 1ère version en 2002 au moment du film Amen de Costa-Gavras, le site est une première fois refondu en un blog en septembre 2007 sous la technologie Dotclear. Il évolue aujourd’hui en un tout nouveau blog fonctionnant désormais sous Wordpress et a repris son nom d’origine : Pie XII.com. La quasi-totalité des articles a été conservée. Le blog est également désormais présent sur Twitter et Facebook. Graphiquement, adepte de la formule Less is more, le blog cherche toujours la plus grande sobriété.

Chaque mois, le blog reçoit en moyenne 1000 visiteurs (3000 en mars dernier). Parmi les articles les plus appréciés, celui sur la reconnaissance des Juifs envers Pie XII, la carte montrant la proportion du vote catholique face au vote nazi, ou le projet d’Hitler de faire enlever Pie XII.

Le blog cherche toujours à favoriser un débat, d’historiens si possible, sur cette période tragique du XXe siècle.

Avant (Pie12.com) :

Blog Pie XII

Après (Pie XII.com) :

Blog Pie XII

Le pape François estime utile les ‘silences’ de Pie XII…

…pour que ces « silences » ne tuent pas davantage de Juifs !
Pape François

Le 12 juin 2014, un jour après la prière pour la paix avec les présidents d’Israël et de Palestine, le pape François a accordé une interview au journal espagnol “La Vanguardia” dans laquelle il revient sur le rôle de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale. Extraits choisis avec d’autres passages sur le judaïsme.

Pourquoi est-il important pour tout chrétien de visiter Jérusalem et la Terre Sainte ?

Pape François : A cause de la Révélation. Pour nous, tout a commencé, là-bas. C’est comme « le ciel sur la terre », une avance de ce qui nous attend dans l’au-delà, dans la Jérusalem céleste.

Vous et votre ami le rabbin Skorka, vous vous êtes donnés l’accolade en face du mur des Lamentations. Quelle importance a eu ce geste pour la réconciliation entre les chrétiens et les Juifs ?

Au Mur, se trouvait aussi mon bon ami le professeur Omar Abu, président de l’Institut du Dialogue interreligieux de Buenos Aires. J’ai voulu l’inviter. C’est un homme très religieux, père de deux enfants. Il est aussi l’ami du rabbin Skorka et je les aime tous les deux énormément, et j’ai voulu que cette amitié entre les trois soit comme un témoignage.

Vous m’avez dit il y a un an que « dans chaque chrétien, il y a un Juif » ?

Peut-être que le plus correct serait de dire que « vous ne pouvez pas vivre votre christianisme, vous ne pouvez pas être un véritable chrétien, si vous ne reconnaissez pas votre racine juive ». Je ne parle pas de Juif dans le sens sémitique de race mais dans le sens religieux. Je crois que le dialogue interreligieux doit approfondir cela, la racine juive du christianisme et dans la floraison chrétienne du judaïsme. Je comprends que c’est un défi, une patate chaude, mais on peut faire comme des frères. Je prie tous les jours l’office divin avec les psaumes de David. Les 150 psaumes nous les passons en une semaine. Ma prière est juive, et ensuite j’ai l’eucharistie, qui est chrétienne.

Comment voyez-vous l’antisémitisme ?

Je ne saurais expliquer pourquoi il existe, mais je crois qu’il est très lié en général, et sans que cela soit une règle fixe, à la droite. L’antisémitisme a l’habitude de mieux se nicher dans les courants politiques de droite que de gauche, n’est-ce pas ? Nous en avons même qui nient l’holocauste : une folie.

Un de vos projets est d’ouvrir les archives du Vatican sur l’holocauste.

Ils apporteront beaucoup de lumière.

Quelque chose que l’on pourrait découvrir vous préoccupe-t-il?

Sur ce sujet ce qui me préoccupe c’est la figure de Pie XII, le pape qui était à la tête de l’Église pendant la Seconde Guerre Mondiale. On a tiré à boulets rouges sur le pauvre Pie XII. Pourtant il faut se rappeler qu’avant on le voyait comme le grand défenseur des Juifs. Il en a cachés beaucoup dans les couvents de Rome et d’autres villes italiennes, et également dans la résidence estivale de Castel Gandolfo. Là-bas, dans la chambre du Pape, dans son propre lit, sont nés 42 bébés, des enfants de Juifs, et d’autres persécutés qui étaient réfugiés là-bas. Je ne veux pas dire que Pie XII n’a pas commis d’erreurs – moi-même j’en commets beaucoup – mais son rôle il faut le lire selon le contexte de l’époque. Qu’est ce qui était le mieux, qu’il ne parle pas pour qu’ils ne tuent pas plus de Juifs, ou qu’il parle ? Je veux aussi dire que parfois cela me donne un peu d’urticaire quand je vois que tous s’en prennent à l’Église et à Pie XII et qu’on oublie les grandes puissances. Savez-vous qu’elles connaissaient parfaitement le réseau ferroviaire des nazis pour amener les Juifs jusqu’aux camps de concentration ? Elles avaient les photos. Mais elles n’ont pas bombardé ces voies de chemin de fer. Pourquoi ? Il serait bon que nous parlions un peu de tout.

 

NB : L’Argentine, d’où est issu le pape, est le pays d’Amérique Latine qui compte la communauté juive la plus importante. Au début du XXème siècle et dans la période de l’entre-deux-guerres, des juifs d’Europe sont partis là-bas pour les raisons que l’on sait de l’antisémitisme européen mais aussi pour répondre au projet de création de « fermes juives » initié par le baron allemand Maurice Hirsch qui avait, au 19ème siècle, acheté des terres dans ce but. L’Argentine faisait alors partie de ce que l’on appelle les projets d’ex-territorialisation avec la Crimée et bien sûr le Birobidjan, même si ces deux derniers cas se situaient dans un autre contexte. Le projet agraire n’a pas réellement réussi mais les familles juives sont restées en Argentine et la communauté est aujourd’hui importante. Depuis plusieurs décennies le dialogue entre juifs et catholiques y est très vivant et le cardinal Jorge Mario Bergoglio, devenu le pape François, a toujours été attentif et très présent aux rencontres, aux partages spirituels et aux actions communes.

Le Vatican contre Hitler

Pie XII

Le Figaro Magazine écrit ici :

Il y a huit ans, Jean Sévillia, rédacteur en chef adjoint au « Figaro Magazine », publiait un essai appelé à devenir un best-seller : « Historiquement correct. Pour en finir avec le passé unique » (100 000 exemplaires vendus). Une dénonciation en bonne et due forme du « terrorisme intellectuel » et du prêt-à-penser sur les Croisades, les guerres de Religion, la Révolution, la décolonisation, etc. Constatant que, à l’école comme dans les médias, rien, depuis, n’a vraiment changé dans la manière de présenter l’histoire, l’écrivain-journaliste récidive cet automne avec « Historiquement incorrect » (1). Sur ce que l’Occident médiéval doit ou non aux Arabes, sur Galilée, l’Eglise et la science, sur le sentiment de culpabilité qu’entretient l’Europe vis-à-vis de l’aventure coloniale, sur notre perception contemporaine de la Première ou de la Seconde Guerre mondiale, sur l’immigration, Sévillia bouscule les idées reçues, balaye les clichés et restaure la vérité historique, chiffres et témoignages à l’appui, en se basant sur les meilleures sources et les travaux de recherche les plus récents.

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Benoît XVI : « la situation interdisait à Pie XII toute protestation publique »

Benoît XVI - Peter Seewald

Dimanche était fêté le 53e anniversaire de la mort de Pie XII. Fin 2010, dans le livre d’entretien avec le journaliste Peter Seewald, Lumière du monde, Benoît XVI revenait sur la question de son prétendu ‘silence’ pendant la guerre (1). Nous publions aujourd’hui le texte intégral de l’avis de Benoît XVI, affirmant que Pie XII « a sauvé des juifs plus que quiconque » et que la situation de l’époque « interdisait au pape » de protester ouvertement.

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Pie XII : le cardinal Kasper fait le point des recherches sur son pontificat

L’ouverture des archives du Vatican sur le pontificat de Pie XII, annoncée par le Saint-Siège aura lieu d’ici 6 ans, indique le cardinal Walter Kasper, dans une conférence à l’université « Hope » de Liverpool, dans laquelle et rappelle aussi que les déclarations de Vatican II sur le judaïsme sont « irrévocables » (cf. Zenit du 27 mai 2010).

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