Pie XII, « Justes parmi les Nations » ?

C’est ce que demande la fondation « Pave the Way » (PTWF) de New York. Elle demande en effet l’inscription de Pie XII, le pape Eugenio Pacelli, au nombre des « Justes parmi les Nations », nous rapporte L’Osservatore Romano en italien du 17 septembre.

La fondation se consacre à soutenir et récompenser les actions en faveur de la paix à travers le monde, par le dialogue entre les religions.

Cette initiative a été annoncée à Benoît XVI par le fondateur et président de « Pave the Way », Gary Lewis Krupp, à l’occasion de l’audience générale de ce 16 septembre, en la salle Paul VI du Vatican : il a également remis au pape un livre sur Pie XII, « en signe de gratitude pour les initiatives de Benoît XVI en faveur du dialogue entre catholiques et juifs ».

Ce volume de 255 pages, reproduit quelque trois mille documents originaux sur Pie XII et de nombreuses photos.

La fondation a en effet obtenu du bureau du Département des Justes parmi les nations de Yad Vashem, les lignes directrices pour proposer une personne pour la reconnaissance, et s’active actuellement dans ce sens (cf. Zenit du 3 juillet 2009).

Selon Gary Krupp, la « PTWF a consacré des années à recueillir des documents et des témoignages vidéos originaux sur ce pontificat controversé et pense avoir découvert une documentation suffisante pour commencer à chercher des témoignages écrits authentiques pour donner officiellement le feu vert à cette procédure ».

« Dans la plus grande partie des cas de ceux qui ont été reconnus comme ‘Justes parmi les nations’, celui qui reçoit la reconnaissance a agi directement pour sauver des vies individuelles en risquant la sienne en le faisant », a-t-il précisé.

Il a affirmé: « Nous pouvons établir que l’intercession directe du pape a sauvé des centaines de milliers de juifs ».

Il cite le cas de l’intercession du pape Pacelli en faveur du docteur Guido Mendes, un ami d’enfance juif orthodoxe : « Eugenio Pacelli est intervenu personnellement pour envoyer la famille Mendes en Palestine en 1938 ».

Selon Krupp, « on peut aussi affirmer que les actions de Pacelli ont été accomplies sous menace de mort. Lors d’une rencontre avec les cardinaux, convoquée en urgence par le pape Pie XII le 6 septembre 1943, il informa les cardinaux d’avoir signé une lettre de démission qui se trouvait sur son bureau et qu’il s’attendait à être enlevé d’un moment à l’autre ».

« Les cardinaux auraient dû faire leurs valises et se tenir prêts à quitter immédiatement le Vatican pour demander de l’aide à un gouvernement neutre, d’où ils auraient élu un nouveau pape. Cette rencontre d’urgence advint un mois avant l’arrestation des juifs de Rome et le pape décida d’intercéder tout de suite pour les sauver », a-t-il ajouté.

Il précisait : « Ce document n’est pas encore disponible, mais nous savons qu’il existe, a déclaré Gary Krupp. Récemment, nous avons obtenu de l’Allemagne l’affidavit du général Karl Wolff, second de Himmler et commandant en Italie, auquel Hitler ordonna de planifier la conquête du Vatican et d’enlever le pape ».

Gary Krupp a affirmé chercher des témoignages de personnes qui, souvent, ne savent même pas que ce fut Eugenio Pacelli qui leur sauva la vie par ses actions. Le transfert de juifs en République dominicaine en est un exemple.

« Nous avons, a-t-il affirmé, le témoignage vidéo de Mgr Giovanni Ferrofino, 97 ans, secrétaire du nonce à Port-au-Prince (Haïti) durant la seconde guerre mondiale, qui agit personnellement avec le nonce aux ordres adressés par Pie XII, pour obtenir deux fois par an des visas pour les juifs qui arrivaient du Portugal en République dominicaine ».

« Cette action sauva plus de 10 000 juifs, qui furent envoyés en Amérique avec l’aide de Mgr Ferrofino à travers Cuba, le Mexique et le Canada ».

« Nous espérons que dans ces circonstances spéciales Yad Vashem agisse pour vérifier les informations que nous enverrons. Le travail consiste maintenant à localiser nombre de ces survivants et leurs familles pour obtenir des déclarations authentiques », a déclaré M. Krupp.

Et d’ajouter: « La déclaration la plus importante que nous pouvons émettre est qu’avec cette aide de nombreux amis, nous localisions des milliers de documents ».

La Fondation Pave the Way cherche à « éliminer les obstacles non-théologiques entre les religions et encourager des gestes historiques au niveau culturel et intellectuel pour faire comprendre à toutes les religions du monde que l’extrémisme, la politique et les ambitions personnelles ne doivent pas empoisonner le message positif commun de la foi de chacun ».

Source : Zenit

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