Benoît XVI citant Golda Meir : « La voix du pape Pie XII s’est élevée en faveur des victimes »

La voix du pape Pie XII « s’est élevée en faveur des victimes » : cet hommage de Mme Golda Meir à la mort de Pie XII il y a 50 ans, a été cité par Benoît XVI, dans son homélie pour la messe anniversaire célébrée hier matin en la basilique Saint-Pierre, avec les cardinaux réunis pour le synode sur la Parole.

Pour ce qui est des paroles et de l’œuvre de Pie XII en faveur des juifs persécutés par la barbarie nazie, Benoît XVI a cité le fameux message à Radio Vatican pour Noël, en 1942 : « Avec une voix brisée par l’émotion, il déplora la situation des ‘centaines de milliers de personnes qui, sans aucune culpabilité de leur part, mais seulement pour des raisons de nationalité ou de race, sont destinées à la mort ou à un progressif dépérissement’ (AAS, XXXV, 1943, p.23), se référant très clairement à la déportation et à l’extermination perpétrée contre les juifs ».

Rappelons que dans ce message Pie XII démontait alors le projet de Hitler pour la nouvelle Europe, point par point, d’où sa longueur, parfois peu comprise, sauf par le principal intéressé.

Mais Benoît XVI a aussi évoqué l’action cachée, surtout, au lendemain de la protestation catastrophique des évêques de Hollande, du 26 juillet 1942, qui provoqua des dizaines de milliers de déportations supplémentaires, au lieu de sauver des vies.

« Souvent, a souligné Benoît XVI, c’est dans le secret et le silence qu’il a agi parce que, justement, à la lumière des situations concrètes de la complexité de ce moment historique, il avait eu l’intuition que c’est seulement de cette manière que l’on pouvait éviter le pire et sauver le plus grand nombre possible de juifs ».

Et de rappeler les hommages de la communauté juive : « Pour ses interventions, de nombreuses et unanimes attestations de reconnaissances lui furent adressées à la fin de la guerre, ainsi qu’au moment de sa mort, par les plus importantes autorités du monde juif, comme par exemple, par le Ministre des Affaires Extérieures d’Israël Golda Meir, qui lui écrivit : ‘Quand le martyre le plus épouvantable a frappé notre peuple, durant les dix années de terreur du nazisme, la voix du Souverain Pontife s’est élevée en faveur des victimes’, concluant avec émotion : ‘Nous pleurons la perte d’un grand serviteur de la paix’. »

Benoît XVI a salué son « long service de l’Église, commencé sous Léon XIII et poursuivi sous Pie X, Benoît XV et Pie XI », le pape évoque aussi son ministère pontifical « qui s’est déroulé durant les douloureuses années du second conflit mondial et la période suivante, non moins complexe, de la reconstruction et des difficiles rapports internationaux, passés à l’histoire sous la significative appellation de ‘guerre froide’. »

A propos de sa nonciature en Allemagne, le pape disait son opposition précoce au national-socialisme, « monstrueux »: « En Allemagne, où il exerça les fonctions de Nonce Apostolique, d’abord à Munich puis à Berlin jusqu’en 1929, il laissa derrière lui un souvenir emplit de gratitude, surtout pour avoir collaboré avec Benoît XV à la tentative de mettre fin à l’ ‘inutile massacre’ de la Grande Guerre, et pour avoir décelé, dès son avènement, le danger constitué par la monstrueuse idéologie nationale-socialiste, avec ses pernicieuses racines antisémites et anti-catholiques ».

Benoît XVI a rappelé que Pacelli a été « créé cardinal en décembre 1929 » puis nommé Secrétaire d’État de Pie XI, pendant neuf ans, et à une époque caractérisée par les totalitarismes : le fascisme, le nazisme et le communisme soviétique, condamnés respectivement par les encycliques « Non abbiamo bisogno », « Mit Brennender Sorge » et « Divini Redemptoris ».

On sait maintenant que le futur Pie XII, germanophone et lucide anti-nazi de la première heure, a été l’un des principaux rédacteurs de « Mit Brennender Sorge » (1937).

Benoît XVI a aussi rappelé comment Pie XII a essayé d’arrêter la guerre : il avait commencé son ministère de Successeur de Pierre le 2 mars 1939, « alors que s’accumulaient sur l’Europe et sur le reste du monde les nuages menaçants d’un nouveau conflit mondial qu’il tenta d’éviter par tous les moyens : ‘Le péril est imminent, mais il est encore temps. Rien n’est perdu avec la paix. Tout peut l’être avec la guerre’, s’était-il écrié dans son radio-message du 24 août 1939 (AAS, XXXI, 1939, p. 334) ».

Et pendant la guerre, il déploya une « intense oeuvre de charité qu’il accomplissait en faveur des persécutés, sans tenir compte d’aucune distinction de religion, d’ethnie, de nationalité, d’appartenance politique ».

Des historiens – le pape cite le journaliste italien Andrea Tornielli – ont mis en lumière par exemple son aide – en or – à la communauté juive de Rome menacée, mais aussi comment sa secrétaire – Sr Pascalina Lenhert, une religieuse bavaroise, ce qui peut-être facilitait les déplacements – accompagnait la camionnette apportant de la farine aux couvents qui cachaient des familles juives, comme au couvent des Dames de Sion, au Janicule. Les sœurs en ont témoigné lorsque leurs supérieures ont reçu à titre posthume la médaille des Justes parmi les Nations (cf. Zenit, 4 février 1999).

On conseilla cependant au pape de quitter le Vatican, Rome étant occupée, et « sa réponse fut toujours la même, identique et décisive : ‘Je ne laisserai pas Rome et mon poste, même si je devais en mourir’ (cf. Summarium, p. 186). Ses familiers et autres témoins firent, en outre, part de ses privations de nourriture, de chauffage, de vêtements, de commodités, qu’il s’imposait volontairement pour partager la condition de la population durement éprouvée par les bombardements et par les conséquences de la guerre (cf. A. Tornielli, Pie XII, Un uomo sul trono di Pietro) », a rappelé Benoît XVI.

« Malheureusement, a relevé Benoît XVI, le débat historique, qui n’a pas toujours été serein, sur la figure du Serviteur de Dieu Pie XII, a oublié de mettre en lumière tous les aspects de son polyédrique pontificat ».

Source : Zenit

2 réflexions au sujet de « Benoît XVI citant Golda Meir : « La voix du pape Pie XII s’est élevée en faveur des victimes » »

  1. henri roques

    Pie XII fut un grand pape qui mérite d’être canonisé. Paradoxalement,sa meilleure défense fut faite par un agnostique courageux et lucide nommé Paul Rassinier (lire son livre"Opération Vicaire"). La pièce de Rolf Hochhuth a été une opération malhonnête montée par le KGB, à la même date que Vatican II. Moi-même, j’ai fait ce que j’ai pu pour rétablir la vérité en écrivant quelques décennies plus tard une brochure intitulée" Avec son film Amen,Costa Gavras a mis en scène un sinistre canular".La vérité doit triompher tôt ou tard!!!

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  2. henri roques

    Pie XII fut un grand pape qui mérite d’être canonisé.Paradoxalement,sa meilleure défense fut faite par un agnostique courageux et lucide nommé Paul Rassinier(lire son livre"Opération Vicaire")La pièce de Rolf Hochhuth a été une opération malhonnête montée par le KGB,à la même date que Vatican II.Moi-même,j’ai fait ce que j’ai pu pour rétablir la vérité en écrivant quelques décennies plus tard une brochure intitulée" Avec son film Amen,Costa Gavras a mis en scène un sinistre canular".La vérité doit triompher tôt ou tard!!!

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