Amen de Costa-Gavras

La supercherie en date est celle de Costa-Gavras, cinéaste orthodoxe. Pourquoi supercherie ? Tout simplement parce que Costa-Gavras ne fait que reprendre l’histoire du Vicaire d’Hochhuht (cf. article consacré à ce sujet), en retirant les passages un peu « trop gros pour paraître honnête ». C’est l’histoire du film Amen qui sortit dans les salles en 2002 et qui réalisa un tollé international, sauf en France, s’attirant des critiques de tous les historiens.

Il faut dire que Costa-Gavras a cru bon de ne pas s’entourer d’historien, préférant sa vision de l’histoire. Le hic, c’est qu’il prétend en parallèle que Pie XII est bien coupable de silences, fondant sa critique sur… le Vicaire !

photo du film

Le parti pris est évident dès l’affiche, signée par Olivieiro Toscani, déjà connu pour ses campagnes de communication injurieuse envers l’Eglise (notamment avec une exposition organisée dans une chapelle italienne et montrant des photographies de sexe masculin). Olivieiro Toscani vient d’ailleurs de se signaler une nouvelle fois en demandant à ce qu’aucun don ne soit fait à l’Eglise en Italie, en raison de ses prises de position en faveur de la vie, de l’enfant à naître, du mariage, etc.

Mais ce parti pris se manifeste de manière plus flagrante par la retranscription du message de Noël 1942, tronqué volontairement dans le film dans sa partie la plus importante : le passage qui condamne très explicitement le racisme et l’antisémitisme.

Le film fait l’impasse sur le fait que Pie XII fut le principal rédacteur de Mit Brennender Sorge ; il ne mentionne pas les plaintes déposées par Pie XII le jour même de la rafle de Rome, en octobre 1943.

Bref, c’est un film, juste un film, rien qu’un film.

3 réflexions au sujet de « Amen de Costa-Gavras »

  1. seb

    Le film cite la fin du chapitre "Considérations sur la guerre mondiale et sur la rénovation de la société" du message de Noël 1942. Cette fin de chapitre est composé de 6 paragraphe dont le 4e n’est pas cité dans le film : "Ce voeu [de la fin de la guerre], l’humanité le doit aux centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute personnelle et parfois uniquement à cause de leur nationalité ou de leur race, sont vouées à la mort ou à une extermination progressive."

    Des paroles très compréhensibles puisque le magazine HCM n°9 p.21 nous rapporte que le New-York Times y voit : "Des paroles claires pour défendre les juifs." et que les services de sécurité du Reich notent : "Il [le pape] accuse virtuellement le peuple allemand d’injustice envers les Juifs et il se fait le porte-parole des Juifs, criminels de guerre." (Pie XII et la seconde guerre mondiale, Pierre Blet, Perrin, p. 184).

    Mais au fond, ce n’est qu’un film et Costa-Gravas avoue lui-même dans une interview que "le cinéma c’est, d’abord, quand même, un spectacle. Les gens viennent voir un spectacle." (HCM n°9 p. 11) !

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