I. Montée du nazisme (3/4)

Le nazisme est-il d’inspiration chrétienne ? Quelle fut l’attitude de Hitler vis-à-vis des catholiques dans son ascension fulgurante ?

3) Florilège d’une pensée anti-judéochrétienne


* Adolf Hitler

Les propos suivants sont tirés d’un ouvrage de Hermann Rauschning paru en 1941 sous le titre Hitler m’a dit. Hermann Rauschning était un partisan fervent du national-socialisme avant d’être dégoûté par la démesure et la folie de Hitler. Dans cet ouvrage est montrée la haine violente éprouvée par le chef du national-socialisme contre les Juifs. Au passage, il livre sa vision de l’humanité…

« Une jeunesse violente, impérieuse, intrépide, cruelle… C’est ainsi que je purgerai la race de ses milliers d’années de domestication et d’obéissance. C’est ainsi que je la mènerai à l’innocence et à la noblesse de la nature ; c’est ainsi que je pourrai construire un monde neuf… Voici le premier degré de mon ordre, le degré de la jeunesse héroïque. C’est de là que sortira le second degré, celui de l’homme libre, de l’homme qui est la mesure et le centre du monde, de l’homme créateur, de l’Homme Dieu. »

« L’homme prend la place de Dieu, telle est la vérité toute simple. L’homme est le dieu en devenir. L’homme doit toujours tendre à dépasser ses propres limites. Dès qu’il s’arrête ou se borne, il entre en dégénérescence et tombe en dessous du niveau humain. Il se rapproche de l’animalité. Un monde de dieux et de bêtes, c’est ce que nous avons devant nous… Comprenez-vous maintenant, le sens profond de notre mouvement national-socialiste ? Peut-il y avoir quelque chose de plus grand et de plus ample ? Celui qui ne comprend le national-socialisme que comme un mouvement politique n’en sait pas grand chose. Le national-socialisme est plus qu’une religion : c’est la volonté de créer un nouvel Homme. »

« On est soit chrétien, soit Allemand. On ne peut être les deux à la fois. »

* Alfred Rosenberg

« Des descriptions de Jésus, on peut extraire des traits très différents. Sa personnalité apparaît souvent douce et compatissante, puis sèche et rude, mais toujours portée par un feu intérieur… On découvre aujourd’hui un Jésus conscient de sa qualité de Seigneur, dans la meilleure acceptation du mot. C’est sa vie qui a une signification pour le Germanique, et non sa mort tourmentée à laquelle il doit son succès auprès des peuples alpins et méditerranéens. L’idéal constructeur qui brille pour nous dans les Evangiles, c’est le prodigieux prédicateur et l’homme en colère du temple de Jérusalem, celui qui entraînait et que tous suivaient ; ce n’est ni l’agneau sacrifié ni le crucifié. »

« La nouvelle conception de l’image de Jésus impliquera absolument une transformation externe : le remplacement des crucifix représentant le sordide châtiment, dans les églises et les villages, de la croix en tant que symbole… Si on traverse actuellement les villes et les villages allemands, on aperçoit avec joie que des pierres commémoratives et des statues de héros ont été érigées partout. C’est le soldat allemand du front coiffé du casque d’acier qui en est l’objet ; des inscriptions sur les socles citent les noms des héros, des fleurs et des couronnes témoignent de l’amour qui entoure le souvenir des morts… Les monuments aux morts et les bosquets du souvenir seront transformés, par une nouvelle génération, en lieux de pèlerinage d’une nouvelle religion, où les cœurs allemands seront toujours à nouveau modelés dans l’esprit d’un nouveau mythe. »

« Les nègres (…) possèdent en propre une grande cathédrale à Chicago et un évêque noir y célèbre la messe ! Voilà un exemple de cette culture abâtardie… La Rome et le judaïsme marchent main dans la main. (…) Des catholiques de toutes les races y ont pris part »

« Une fois de plus, le Vatican s’est avéré l’ennemi le plus acharné de la culture de l’homme de valeur pour protéger, conserver et reproduire celui qui en a le moins… Le pape Pie XI déclara (…) dans son encyclique sur le mariage chrétien, qu’il n’était pas juste de porter atteinte à l’intégrité du corps des êtres qui étaient aptes à contracter mariage, même s’ils ne donneraient probablement vie qu’à une descendance de valeur inférieure… Vouloir sans complexe laisser naître par « charité chrétienne », des idiots, des enfants de syphilitiques, d’alcooliques, de déments est sans aucun doute un sommet de la pensée contre nature et contre le peuple… Donc, tout Européen qui souhaite voir son peuple physiquement et moralement sain et qui est d’avis que les idiots et les malades incurables ne doivent pas infecter sa nation, est anti-catholique selon les termes de la doctrine romaine et ennemi de la morale chrétienne. »

« Pour les nationalistes Völkisch, l’Etat (ou le peuple) est l’absolu, la valeur suprême et le but. Ici se trouve caractérisé… cet infranchissable abîme qui existe entre l’Allemand et les prétentions d’un mythe étranger… Ce problème touche, jour après jour, les intérêts vitaux de chaque Allemand, et tous, sans exception, devront décider s’ils doivent s’engager en première ligne pour les revendications politiques de l’Eglise romaine ou pour les nécessités allemandes. »

« Le catholicisme est, à côté du judaïsme démoniaque, le second système d’éducation d’espèce étrangère qui doit être vaincu psychiquement et spirituellement, si un peuple allemand, conscient de l’honneur, et une véritable culture nationale doivent naître un jour. »

* Joseph Goebbels, ministre de la Propagande et de l’information du IIIe Reich

« Qu’est-ce que le christianisme aujourd’hui pour nous ? Le national-socialisme est une religion. Il ne lui manque que le génie religieux qui fasse exploser les antiques formules ayant fait leur temps. Il nous manque le rite. Il faut que le national-socialisme devienne un jour la religion d’Etat des Allemands. Mon parti est mon Eglise. » (16.10.1928)

« Hier matin, travail assidu. Article cinglant contre l’évêque de Mayence. » (10.09.1931)

« L’Eglise catholique poursuit son infâme travail d’excitation… Cette prêtraille politisante est, à côté des Juifs, l’espèce la plus odieuse que nous hébergions aujourd’hui encore dans le Reich. Il faudra, après la guerre, résoudre le problème une fois pour toutes. »

« Je suis excommunié de l’Eglise catholique. Crétin de curés ! Je chie sur ces singeries stupides. J’ai coutume de révérer le Bon Dieu à ma façon à moi. » (6.01.1932)

« Pour le moment, le Führer ne veut pas encore intervenir dans la question de l’Eglise. Il préfère n’agir qu’après la fin de la guerre… Il est indéniable que certaines mesures pises par le Parti, en particulier le décret dit du crucifix, ont par trop facilité la propagande des évêques contre l’Etat. Hermann Göring s’en plaint amèrement. Il ne cache pas son opposition aux confessions chrétiennes. Le Führer lui aussi a exprimé le même avis. »

« L’Eglise catholique persiste à se conduire de manière indigne. On me montre une série de lettres pastorales… hostiles à l’Etat. Et cependant nous n’intervenons pas… Nous leur présenterons la facture à acquitter après la guerre. »

3 réflexions au sujet de « I. Montée du nazisme (3/4) »

  1. Dominique Degoul, sj

    Bonjour,
    je suis en train de faire une dissertation sur "le verbe et la croix" de Stanislas Breton; l’extrait d’Alfred Rosenberg me parait éclairant (tristement) pour mon sujet : pourriez vous, si vous les connaissez, m’en donner les références précises ?
    Bien à vous

    Dominique Degoul, sj

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  2. Blandine Fissin

    Toutes les citations d’Alfred Rosenberg sont extraites de son terrible maître-ouvrage : « Der Mythus des zwanzigsten Jahrhunderts » (Le Mythe du vingtième siècle). Bien à vous, Blandine Fissin

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  3. Soldat du Christ

    Premièrement, Hermann Rauschning a rencontré Hitler probablement une fois dans sa vie et jamais Hitler se confirait à un simple inconnu.
    Deuxièmement, Hitler détestait Rosemberg et il ne recommandait pas son livre à personne puisqu’il ne représentait pas du tout l’idéologie national-socialiste. Troisièmement, l’idéologie d’Hitler vient totalement du christianisme et il a été le plus grand protecteur de l’Église catholique en Allemagne et Autriche, on pourrait même dire en Europe depuis les 100 dernières années. J’ai des preuves qui pourrait vous faire tomber en bas de votre chaise et même j’ai un article de journal qui pourrait vous faire dresser les cheveux sur la tête d’une apparition de Saint Pie X en 1923

    Bonjour Monsieur,
    Nous sommes bien évidemment intéressés par toutes les pièces dont vous disposez. L’enjeu est de traiter historiquement la question. Si vous avez des preuves de ce que vous avancez, n’hésitez pas à nous les transmettre à l’adresse suivante: blog.pie12@gmail.com
    Quant à l’ouvrage de Hermann Rauschning, il semblerait effectivement qu’il n’ait que peu de fondements historiques.
    Merci d’avance.
    Cordialement,
    Blandine Fissin

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