I. Montée du nazisme (2/4)

Le nazisme est-il d’inspiration chrétienne ? Quelle fut l’attitude de Hitler vis-à-vis des catholiques dans son ascension fulgurante ?

2) L’idéologie nazie est-elle issue du christianisme ? Quelques traits fondamentaux…

« Le racisme hitlérien tire ses origines de très anciennes traditions germaniques remises à la mode avant 1914 par des théoriciens comme Wilhelm Marr et Henri Class, les Français Gobineau, Vacher de Lapouge et Jules Soury, ainsi que par le Britannique H.S. Chamberlain, devenu sujet allemand et gendre de Richard Wagner. Il se rattache également à l’esprit Völkisch qui domine pendant les années de la République de Weimar toute la pensée de l’extrême-droite nationaliste. »

Toutefois, le grand théoricien de l’idéologie nazie est surtout Alfred Rosenberg qui publie, en 1930, Mythe du XXe siècle. En charge de la Weltanschauung (= « toute la formation spirituelle et intellectuelle et de k’éducation du parti et de toutes les associations synchronisées » ; bref, de la vision du monde) du Parti nazi à partir du 24 janvier 1934, il sera félicité dès 1933 par Hitler pour avoir « détruit spirituellement le monde idéologique qui s’opposait à nous ». Le thème fondamental de cet ouvrage est l’importance donnée à la pureté de la race, à sa sauvegarde face aux dangers extérieurs. Il s’oppose ainsi au judaïsme et à son succédané le catholicisme, notamment sur la question de l’eugénisme. Il remplace chaque valeur du catholicisme par d’autres au service de l’idéologie raciale : d’une part « Amour et Compassion », d’autre part « Honneur et Devoir » ; d’une part « Amour et Pitié », d’autre part « Courage, Guerre et Violence » ; etc. L’opposition n’est donc pas formelle mais bien profonde, à tel point qu’être Allemand est incompatible avec le fait d’être catholique. C’est la fameuse notion de Volk, cité précédemment, vocable désignant aussi bien la nation, le peuple que la race.

Rosenberg va plus loin. Le point 24 du Parti nazi en 1920 met en exergue un « christianisme positif ». Jésus apparaît comme un homme hors du commun, charismatique et se mettant en colère contre les juifs. Jésus n’est pas sans rappeler Hitler, comme le montre une dictée donnée à l’école communale de Blumenschule de Munich le 16 mars 1934. Ce texte est extrait de la revue Volonté et Puissance du 15 avril 1935 : « Tel Jésus qui libéra les hommes du péché et de l’enfer, Hitler sauva le peuple allemand de sa perte : Jésus et Hitler furent persécutés, mais tandis que Jésus fut crucifié, Hitler fut nommé chancelier du Reich. Alors que les disciples de Jésus renièrent et abandonnèrent leur maître, les seize camarades tombèrent pour leur Führer. Les apôtres achevèrent l’œuvre de leur Seigneur. Nous espérons que Hitler pourra accomplir son œuvre lui-même. Jésus construisait pour le ciel, Hitler pour la terre allemande. »

Hitler est le nouveau messie, le national-socialisme devient dès lors une religion : des cérémonies raciales remplacent les sacrements, l’eugénisme est promu (avortement, massacre des handicapés, euthanasie…), l’homme est appelé à devenir Dieu.

C’est ce que montre très bien le professeur Louis Dupeux : « Le national-socialisme n’est pas simplement une « religion politique » immédiate ; c’est une idéologie totalitaire qui, certes, ajoute le racisme bio-spirituel au fascisme mais lui ajoute aussi des éléments religieux : « anti-judéochrétiens et naturalistes ». Bref, le nazisme est une contre-révolution anti-moderne et anti-judéochrétienne. L’élément religieux est donc essentiel pour comprendre la nature profonde du nazisme. »

Enfin, la place de l’antisémitisme est importante dans l’idéologie raciale de Rosenberg et Hitler. Elle se comprend naturellement au regard des éléments précédents. Toutefois, d’où vient cet antisémitisme si virulent ? Un début de réponse se trouve peut-être dans les déclarations de beaucoup de criminels de guerre, au procès de Nuremberg : ceux-ci se déclarèrent disciples de la pensée luthérienne, ce qui ne manqua pas de choquer profondément les Eglises protestantes allemandes qui durent lutter pendant plus de dix ans contre un régime meurtrier. Sur quoi reposent de telles déclarations ? Depuis longtemps, Luther est à la fois considéré comme l’un des fondateurs du nationalisme allemand mais aussi comme l’un des plus grands intellectuels antisémites. Certains de ses textes furent diffusés pendant la guerre par les milieux protestants favorables au nazisme, tel l’évêque d’Eisenach, le pasteur Martin Sasse, qui fait sien le mot d’ordre de Luther : « bouter le feu aux synagogues et aux écoles juives ».

Une réflexion au sujet de « I. Montée du nazisme (2/4) »

  1. Jacques

    Je ne suis pas entièrement d’accord avec votre article !

    Il y a d’abord le germain : homme de la super race !

    Le pangermanisme et l’influence de Nietzche :
    Les Sous-hommes et les Surhommes :

    « Seuls ceux qui ont fait le pire ,deviendront les meilleurs  » 
    doctrine également de gens au dessus de tous soupçons :
    Bill et Bob fondateurs des A.A en 1935 à Akron (Ohio – États-Unis ).

    Preuve ,c’est l’usage d’une doctrine ,qui souvent est mauvaise ,et non la doctrine elle-même ?

    Avant la guerre de 14/18 ,il y avait un racisme anti-Juif virulent en France et en Russie ?

    Les Juifs allemands se sont battu courageusement ,et nombreux étaient les Juifs ,qui avaient des grades , des décorations nettement supérieures au petit caporal avec sa croix de fer,qui n’a été qu’un « planqué » pendant la guerre de 14/18 ?

    Le racisme antiJuif poussé à son Paroxysme par les Nazi , a d’autres causes ,qui se sont ajoutées aux causes ,que vous avez décrites ?
    Puisque également présentes en Hongrie,en Roumanie et au Japon !!!

    Mais voilà dramatique pour les générations montantes,il n’est plus possible de parler sereinement de ces problèmes ?

    Si je vous dit ces raisons ,je vais me retrouver en correctionnelle pour antisémitisme ?Je l’ai entendu de gens ayant vécu à cette période ,ou à des conférences ,ou les lois actuelles, mortifères pour la libre expression , n’avaient pas encore été votée ?

    Donc discussion impossible sur un drame de l’humanité ,dont on cache une partie de la vérité !

    J’insiste ,que en aucune façon ,je suis un « négationiste »,j’ai rencontré des rescapés des camps de la mort ?

    L’absence d’une discussion honnête et complète ,est un cadeau inespéré pour les négationistes ,du genre du Président de l’Iran ?
    Mon adresse Émail est refusée pour l’inscription,votre blog serait’il un négationiste des adresses Émail ?

    Salutations et à poursuivre ?
    Jacques .

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